基本説明
Les sociétés européennes et nord-américaines sont réputées entretenir un rapport ambivalent à leurs morts, considérés tantôt comme un enjeu politique, objet de l’attention de l’État ou de mobilisations collectives, tantôt comme une affaire privée, voire taboue, à reléguer dans l’intimité et le secret des familles.
En réinterrogeant cette dualité, ce numéro montre que l’on ne doit pas opposer ces deux dimensions, mais chercher à étudier les conditions qui favorisent la politisation de la mort. Il s’agit de redéfinir le concept de « politisation » dans ce contexte : celle-ci n’est pas seulement limitée à l’activité de l’État ni aux contestations qu’elle peut susciter, mais relève d’un processus dynamique de problématisation de la mort par les individus et de prise de conscience collective des rapports de force et des idées qui structurent les pratiques funéraires au sein de la société et de l’État.
Les contributions à ce dossier donnent ainsi à voir comment on parle au nom des morts et fait entendre la nécessité de cette parole, qui révèle un certain idéal de société. On découvre que faire de la mort un sujet politique, c’est envisager comment l’examen du passé invite à formuler de nouvelles utopies.



