基本説明
Lituraterrir, qui donne le titre de ce numéro, a été forgé par Lacan dans son texte « Lituraterre » publié en 1971. Mot assurément nouveau à l'époque, un peu moins à la nôtre, il ne constitue pas pour autant un néologisme. Cancer verbal selon Lacan, le néologisme détruit la langue tout comme le sujet qui l'énonce, puisque celui-ci se retrouve écrasé sous un trop grand poids de réel – c'est d'ailleurs la clinique des psychoses qui en constitue le champ électif. Lacan ne cherchait évidemment pas à détruire la langue, mais plutôt à la faire résonner au-delà du sens commun sagement rangé dans nos dictionnaires. Ce numéro n'est pas consacré uniquement à la lettre, mais aussi aux publications qui sont les nôtres – L'Hebdo Blog, La Cause du désir, Ornicar ?, Mental, Studio Lacan –, et auxquelles la dernière journée de Question d'École a été consacrée. C'est l'occasion de vérifier qu'écrire n'est pas publier, ce serait même l'inverse, puisque publier revient peu ou prou à faire escabeau de ce dont il a fallu se séparer. Vous pourrez aussi mesurer l'effort de chaque revue pour ne pas tomber dans l'ornière qui guette toute publication, celle de se transformer en poubelle, puisque chaque lettre est proche du déchet – Lacan en a forgé un autre mot nouveau, celui de poubellication.L'impertinence propre au bon lecteur l'amènera à poser la question de savoir pourquoi une pratique de bavardage comme la nôtre accorde une telle importance à la lettre. La réponse de Lacan est de considérer que nous écrivons même en parlant à l'instar de l'analysant dont le travail consiste à cerner le réel qui le fonde.



