基本説明
Et si gouverner n'était pas un privilège, mais un jugement en suspens ? Et si l'autorité, avant d'être exercée, devait être redoutée ? Et si le pouvoir n'était donné qu'à ceux qui savent qu'ils devront en répondre ?
On appelle « miroir du prince » un genre littéraire médiéval : un recueil d'exhortations morales, destiné à ceux qui gouvernent. Non pas pour flatter le pouvoir, mais pour le juger. Pour lui tendre un miroir où il puisse se voir. Et se corriger.
Avant d'être un instrument politique, ce genre est né d'une urgence spirituelle : comment exercer l'autorité sans se perdre ? À quoi bon commander, si l'on en vient à oublier qu'on devra rendre compte, non seulement de soi, mais des autres ?
La Via regia constitue le tout premier des miroirs du prince de la tradition occidentale. Son auteur, Smaragde de Saint-Mihiel, moine bénédictin du IXe siècle, adresse ce bref traité à l'empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne. Mais ce n'est pas de stratégie, de conquêtes ou de lois qu'il lui parle : c'est du salut. De son âme et son peuple.
Ce texte n'a rien de rhétorique. Il est net, tendu, sans flatterie. Il rappelle à celui qui commande que le pouvoir n'est pas un privilège, mais une charge. Qu'il ne doit pas être désiré, mais redouté. Que l'autorité n'a de légitimité que dans la mesure où elle est exercée dans la crainte de Dieu, au service des plus faibles.



