Full Description
Si chère à Luther, qui l'appelait sa « petite fiancée », la Lettre aux
Galates est, malgré sa brièveté, un texte majeur, décisif pour la foi
chrétienne.
Beaucoup sont d'avis que cette lettre a été rédigée
sous le coup de la passion. On a même parlé de rhétorique tellement
enflammée qu'elle serait « portée au rouge ». Il ne conviendrait donc
pas de chercher un ordre rigoureux dans cet écrit de circonstance.
D'autres ont pu rétorquer au contraire qu'il ne s'agit tout de même pas
d'un e-mail !
Depuis près de quarante ans la Lettre aux Galates
est devenue le champ privilégié de l'application aux textes bibliques
des règles de la rhétorique classique gréco-latine. Certains pensent y
reconnaitre un écrit de genre judiciaire, d'autres de genre délibératif,
d'autres encore de genre démonstratif ; sans compter ceux qui penchent
du côté de l'épistolographie antique.
Le présent commentaire part
d'un présupposé contraire. Bien que né à Tarse, où fleurissaient les
écoles de rhétorique, Paul était juif avant tout, formé à Jérusalem où
il dit avoir grandi, aux pieds de Rabbi Gamaliel. Il est donc sans doute
de meilleure méthode de chercher à découvrir la composition de ses
lettres non pas à Athènes, mais dans ce qui faisait la substance de sa
culture, la Bible, avec les lois spécifiques qui la caractérisent.
Ainsi, la thèse essentielle de la Lettre, la « proposition », ne se
trouve pas au début de la Lettre, comme le veut la rhétorique classique,
mais en plein centre de la section centrale, comme clé de voûte, et donc
de lecture, de l'ensemble de l'écrit. Paul suit en cela une des lois les
plus fondamentales et les mieux établies de la rhétorique biblique et
sémitique.
L'interprétation de la Lettre, soutenue aussi par
l'étude du contexte biblique, s'en trouve par conséquent notablement
renouvelée.



