基本説明
L'habitude est prise depuis quelques décennies de commencer les cours de philosophie par la conscience. Mais la conscience est-elle vraiment première et ne suppose-t-elle pas auparavant une nature qui rend possible tous ses actes ? L'inconscient est, aujourd'hui, une des réalités psychologiques les plus fortes qui nous font douter de l'existence de la liberté. Mais existe-t-il vraiment une opposition irréductible et nécessaire entre l'inconscient et la conscience ? L'inconscient n'est-il pas un acte de la mémoire qui est une des facultés de la conscience ? Sans la mémoire, un acte de conscience serait-il possible ? Doit-on, dans ces conditions, faire de l'inconscient cette réalité obscure et toujours inconnue qui nous rendrait inconnu à nous-même ? L'homme est un être de désirs, dit-on. Mais de quels désirs parle-t-on ? Tous ceux-ci doivent-ils être satisfaits parce que ce sont des désirs ? On oppose, de plus, souvent, la volonté au désir. Mais la volonté n'est-elle pas elle-même désir ? L'homme, par la perception sensible, reçoit en lui le réel. Mais la perception diffère-t-elle de la sensation ? N'est-elle pas nécessairement relative à la connaissance intellectuelle ? Et la connaissance intellectuelle ne serait-elle pas également relative à la perception ou à la sensation ? L'homme vit dans le temps, mais, parfois aussi, il aspire à l'éternité. Tantôt nous percevons le temps comme facteur de corruption, de vieillissement, tantôt nous pouvons être plus sensible à tout ce qui, dans la réalité, demeure. Comment l'homme peut-il alors vivre sa relation aux différentes parties du temps que sont le passé, le présent et l'avenir ? Quelle conscience a-t-il de son existence temporelle ? Pour vivre, toute conscience dépend d'autrui.



