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基本説明
Cette bousculade en couverture, photographiée par Traverso, immortalise le souffle de 68 qui balaie le Festival de Cannes. Nous sommes le 18 mai, à la projection de Peppermint frappé de Carlos Saura. Depuis une semaine le festival vivote en vase clos. Le matin Truffaut et Godard ont lancé les hostilités en solidarité avec les ouvriers et les étudiants. Le cérémonial se dérègle, les corps redeviennent burlesques, on a l'impression de voir un sourire malicieux sur le visage de Godard. La projection n'aura pas lieu, le festival est arrêté le lendemain. La rencontre explosive entre 68 et Cannes va bien au-delà d'un folklore. Il y a d'abord l'affaire Langlois, qui soude la colère contre le ministre de la Culture Malraux?-?Truffaut et Godard sont à Cannes pour représenter le comité de défense de la Cinémathèque. Puis les États généraux qui s'ouvrent le 17 mai à l'école de Vaugirard à Paris, pendant que le festival s'enivre aux « réceptions de M. Barclay » (Truffaut). Et c'est une motion de ces États généraux, relayée par Truffaut, qui demande l'arrêt du festival. Cannes 68, ce n'est donc pas qu'un festival interrompu, c'est un morceau de la tentative de renouvellement total du cinéma français. Le compte rendu des États généraux par Jacques Doniol-Valcroze dans les Cahiers d'août se termine par ces mots extraordinaires donnant un sens à quarante ans d'histoire de la critique?: « Nous n'avons pas découvert la maladie du cinéma français rue de Vaugirard. C'est, chez nous, une déjà vieille croisade.