基本説明
Dans les précédents volumes de ma plaidoirie, j'ai tenté de définir l'"universel". La culture moyen-orientale ne peut trouver son expression que dans le récit universel. Elle est d'ailleurs le terreau de l'"universel". L'histoire et la culture individuelles ne peuvent trouver un sens que dans cette universalité. Par individu, j'entends un large spectre de particularismes allant de la personne à la nation. J'ai fait de grands efforts pour me définir en tant qu'individu. Plus je m'y appliquais, plus je réalisais que je ne pouvais échapper à l'universel. Je ne doute pas que l'individu terne du libéralisme soit une valeur mythique, qui n'a pas plus de sens que les mythologies anciennes. À l'opposé, les idéaux des collectivités sociales les plus rigides, qui tendent à engloutir l'individu, sont également mythiques, mais d'un point de vue différent. Je veux rappeler ici une réflexion que j'avais déjà formulée: l'individu est toujours en capacité d'analyser l'histoire. L'individu est le produit de l'histoire, la forme concrète de l'histoire, et s'il est vivant, il est l'état actuel de l'histoire. Lorsque je parle d'histoire, j'entends bien sûr la société historique. La première conclusion - et la plus importante - à tirer de cette histoire, que j'ai tenté de décrire, est que l'on ne peut devenir un être humain, même au niveau d'un clan, sans appréhender la société à laquelle on appartient, au sens étroit comme au sens large. De nos jours, le déni et l'assimilation forcée sont constamment à l'oeuvre dans la société. C'est là que la perte de sens trouve son fondement et son origine. Les individus et les communautés soumis à ces processus peuvent être qualifiés, au mieux, de non-individus et de non-communautés.



